Tribune

Covid-19 : la crise n’épargne pas le e-commerce

9 novembre 2020

Confinement, magasins désertés, … Le e-commerce semblait avoir toutes les cartes en main pour tirer son épingle du jeu. Pourtant, beaucoup de marchands, et notamment des TPE/PME, sont aujourd’hui en souffrance. Les soutenir et les aider dans leurs problématiques de trésorerie est impératif pour limiter au maximum les répercussions économiques de la crise actuelle.

Confinés, les Français ont été nombreux à se ruer sur les sites de e-commerce, que ce soit pour faire leurs courses, commander des outils de jardinage ou encore trouver des activités créatives pour les enfants. Résultat : au deuxième trimestre 2020, les cyberacheteurs étaient près de 41 millions, soit un million de plus qu’à la même période en 2019*. Un afflux qui a dopé le chiffre d’affaires du e-commerce, avec une progression globale de 5,3 % sur cette même période. A titre de comparaison, la progression n’avait été que de 1,8 % sur les trois premiers mois de l’année.

*Rapport de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) pour le 2e trimestre 2020, 15 septembre 2020.

Face aux effets de la crise sanitaire sur l’économie hexagonale, le e-commerce a joué un formidable rôle d’amortisseur économique. Il a à la fois permis de limiter l’impact du confinement mais aussi favorisé une reprise en phase avec les nouvelles habitudes de consommation, encore plus digitales. Dans ce nouveau contexte, le rôle des marketplaces a été déterminant pour la survie de nombreux magasins physiques, en permettant de freiner le recul de leurs ventes pendant le confinement et depuis le déconfinement.

Le tourisme et le B2B à la peine

Pour autant, le e-commerce est-il vraiment le grand gagnant de la crise ? Pas si sûr. Sous des dehors de bonne santé, la réalité est bien plus complexe. La croissance est bien là, mais pas aussi forte qu’elle aurait dû ou pu l’être. Pour rappel, elle atteignait 12,1 % au deuxième trimestre 2019, face à “seulement” 5,3 % cette année.

A y regarder de plus près, toutes les activités du e-commerce n’atteignent même pas ce niveau de croissance. Alors que les magasins alimentaires ont transformé une grande partie de leurs ventes sur Internet, certaines industries souffrent durement, à commencer par le textile et le tourisme. En comparaison avec le deuxième trimestre 2019, les ventes de voyage ont plongé de 75 % ! Le commerce inter-entreprises est lui aussi à la peine : les ventes aux professionnels ont reculé de 9,6 % au deuxième trimestre en raison des chutes d’activité, voire des fermetures d’entreprises. Résultat : dans le e-commerce comme ailleurs, la crise peut et pourra avoir raison de nombreuses entreprises, à commencer par les TPE et PME, souvent moins solides financièrement.

Soutenir les e-commerçants, une nécessité

A l’heure où les mesures sanitaires se renforcent dans les grandes métropoles françaises et où la possibilité d’un deuxième confinement est évoquée, soutenir les entreprises les plus fragilisées est une des priorités du gouvernement. Chômage partiel, report des charges sociales ou encore création du PGE sont autant de mesures bienvenues pour les aider à faire face à leurs problèmes de trésorerie lors d’un arrêt ou d’un ralentissement de leur activité. A saluer également, le lancement d’un dispositif permettant de faciliter le recours à l’affacturage, en permettant l’obtention d’un financement dès la prise de nouvelles commandes, sans attendre l’émission d’une facture. Seul regret : que seules les sociétés financières et les établissements de crédit soient habilités à le faire, excluant les startups spécialisées dans l’affacturage et créant de fait une distorsion de la concurrence. Toujours est-il que, même s’ils restent incomplets, de vrais efforts gouvernementaux sont déployés pour permettre aux entreprises du e-commerce comme des autres secteurs d’éviter les scénarios catastrophes.

Sur le long terme, l’enjeu est aussi d’accompagner les e-commerçants à accélérer leur transition vers toujours plus de digital et de numérisation des process. Et en particulier dans le B2B, encore trop souvent sous le joug du papier et de la gestion manuelle. Une situation inefficiente qui ralentit la croissance et pèse sur la trésorerie. Les marketplaces ont également tout leur rôle à jouer en tant que canal de distribution performant, donnant accès à un nombre accru de clients. Un levier efficace pour diversifier ses sources de revenus, dans un contexte où la trésorerie des entreprises ne cesse de se tendre face à une crise qui n’est pas prête de se terminer.


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